Lapsang Souchong : histoire du célèbre thé noir fumé

Lapsang Souchong : l’histoire étonnante du célèbre thé noir fumé

Avec ses arômes de bois, de résine et de feu de cheminée, le Lapsang Souchong est un thé que l’on reconnaît dès la première inspiration. Derrière son caractère fumé se cache une histoire fascinante, née dans les montagnes chinoises du Fujian et entourée d’une légende transmise depuis plusieurs siècles.

Où est né le Lapsang Souchong ?

Le Lapsang Souchong est originaire des montagnes de Wuyi, dans la province du Fujian, au sud-est de la Chine. Son berceau historique se situerait autour du village de Tongmu, une région montagneuse réputée pour la richesse de ses terroirs et la qualité de ses thés.

En Chine, ce thé est appelé Zhengshan Xiaozhong (正山小种). Le terme Zhengshan fait référence à la montagne d’origine et à la zone historique de production, tandis que Xiaozhong désigne une variété locale de théier ainsi qu’un type de thé traditionnel de la région.

Le Lapsang Souchong est souvent présenté comme l’un des premiers thés noirs de l’histoire. En Chine, il appartient toutefois à la famille des « thés rouges », une appellation faisant référence à la couleur cuivrée de la liqueur obtenue après infusion.

Une création née d’un heureux accident

Selon la légende, le Lapsang Souchong serait apparu au XVII siècle, à la fin de la dynastie Ming, durant une période marquée par d’importants troubles militaires.

Des soldats auraient traversé les montagnes de Wuyi et occupé temporairement une manufacture de thé. Leur présence aurait interrompu le travail des producteurs, empêchant le séchage habituel des feuilles fraîchement récoltées.

Pendant cette attente, les feuilles auraient commencé à s’oxyder davantage que prévu. Après le départ des soldats, les producteurs auraient cherché une solution pour sauver leur récolte et terminer rapidement sa préparation.

Ils auraient alors fait sécher les feuilles au-dessus de feux alimentés avec du bois de pin local. La chaleur permit d’accélérer le séchage, mais la fumée imprégna profondément les feuilles, leur donnant un parfum boisé et résineux jusque-là inhabituel.

D’un goût considéré comme imparfait à un thé recherché

Les producteurs auraient tout d’abord considéré ce goût fumé comme un défaut. Le thé fut néanmoins commercialisé auprès de négociants étrangers.

À leur grande surprise, les acheteurs européens apprécièrent cette saveur puissante et singulière. Ils en redemandèrent, encourageant ainsi les producteurs à reproduire puis à perfectionner la méthode de fumage.

Le Lapsang Souchong devint progressivement l’un des thés chinois les plus appréciés en Europe. Son caractère intense convenait particulièrement aux habitudes occidentales et aux longs transports maritimes nécessaires pour acheminer le thé depuis la Chine.

Cette naissance accidentelle appartient en partie à la tradition orale. Les circonstances précises de la création du Lapsang Souchong ne sont donc pas entièrement documentées. Il est néanmoins établi que sa fabrication s’est développée dans les montagnes de Wuyi au cours du XVII siècle, au moment où apparaissaient les premiers thés entièrement oxydés.

Comment obtient-on le goût fumé du Lapsang Souchong ?

Comme les autres thés noirs, le Lapsang Souchong passe par plusieurs étapes de transformation : le flétrissage, le roulage, l’oxydation puis le séchage.

Sa particularité réside dans son exposition à la fumée de bois, traditionnellement réalisée dans des bâtiments à plusieurs niveaux. Les feuilles sont disposées sur des claies en bambou, plus ou moins éloignées du foyer. La durée du fumage et la distance entre les feuilles et la source de chaleur permettent de moduler l’intensité aromatique.

Ce procédé développe des notes caractéristiques de :

  • bois fumé ;
  • résine de pin ;
  • feu de cheminée ;
  • fruits mûrs ou longane séchée ;
  • épices et cacao ;
  • parfois whisky tourbé.

Tous les Lapsang Souchong ne présentent cependant pas la même puissance. Certaines productions sont intensément fumées, tandis que d’autres révèlent un profil beaucoup plus délicat.

Le Lapsang Souchong est-il toujours très fumé ?

Contrairement à une idée répandue en Europe, le Lapsang Souchong traditionnel n’est pas obligatoirement fortement fumé.

Dans la région de Tongmu, il existe aujourd’hui des versions non fumées ou très légèrement fumées. Elles développent des notes plus fines de miel, de fleurs, de fruits mûrs et de longane.

Les thés aux arômes très prononcés de feu de bois correspondent surtout au style qui s’est imposé sur les marchés occidentaux. Il faut donc distinguer le Zhengshan Xiaozhong d’origine, souvent subtil et fruité, du Lapsang Souchong fortement fumé destiné à l’exportation.

Une attention particulière portée à la maîtrise du fumage

Le fumage est une étape essentielle dans l’élaboration de ce thé, mais il doit être réalisé avec précision.

Une combustion mal maîtrisée peut favoriser la formation d’hydrocarbures aromatiques polycycliques, plus couramment appelés HAP. Ces substances peuvent apparaître lors de la combustion incomplète du bois et se déposer sur les aliments exposés à la fumée.

La maîtrise de la température, du combustible, de la durée d’exposition et de la circulation de la fumée permet de limiter leur formation. La sélection d’un Lapsang Souchong doit donc tenir compte non seulement de sa qualité aromatique, mais également des conditions dans lesquelles son fumage a été réalisé.

Chez Sol à Sol, nous accordons une attention particulière à la sélection de nos thés et à la maîtrise de leurs procédés de fabrication, afin de proposer un Lapsang Souchong expressif, équilibré et conforme aux exigences réglementaires applicables aux denrées alimentaires.

Quel goût possède le Lapsang Souchong ?

Le Lapsang Souchong offre une liqueur cuivrée à ambrée, accompagnée d’une texture ronde et ample.

Ses arômes fumés peuvent rappeler un feu de bois, une promenade en forêt ou le parfum d’une cheminée. Derrière cette première impression apparaissent souvent des nuances plus douces de fruits mûrs, de cacao, de miel ou d’épices.

C’est un thé noir de caractère, particulièrement apprécié des amateurs de saveurs franches. Il peut être dégusté seul, mais aussi accompagner des plats salés, des fromages affinés ou un dessert au chocolat noir.

Comment préparer le Lapsang Souchong ?

Pour obtenir une infusion équilibrée, nous conseillons :

  • Dosage : 2 à 3 g de thé pour 250 ml d’eau ;
  • Température : 90 à 95 °C ;
  • Temps d’infusion : 3 à 4 minutes.

Une infusion de trois minutes mettra davantage en valeur sa rondeur et ses nuances fruitées. Une infusion plus longue renforcera son caractère boisé et fumé.

Pour préserver la qualité de ses arômes, utilisez de préférence une eau peu minéralisée. Vous pouvez préparer ce thé dans une théière en céramique ou en fonte.

Un thé noir à découvrir chez Sol à Sol

Le Lapsang Souchong est bien plus qu’un simple thé fumé. Son histoire raconte la capacité des producteurs chinois à transformer un imprévu en un savoir-faire reconnu dans le monde entier.

Sa liqueur profonde et ses arômes de bois en font une expérience de dégustation à part entière, idéale pour celles et ceux qui recherchent un thé noir différent et intensément évocateur.

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